la guerre de cent ans

première SEMAINE

théâtre déambulatoire

4 Litres 12 vous invite sous les jupes de l'Histoire

affiche : Francis Huret

conception et mise en scène
Michel Massé

avec (1ère version 1983/84)
Eric Houzelot, Odile Massé, Philippe Thomine, Michel Massé, Francis Huret, Chantal Trichet

avec (2ème version 1984/86)
Eric Houzelot, Odile Massé, Philippe Thomine, Michel Massé, Jean-Pierre Durand, Christine Mantelli

tournées
André Gintzburger

production
Compagnie 4 Litres 12

 
 
 
 

© Compagnie 4 Litres 12 – 1983

programme du spectacle

Avant le début du spectacle, le public patiente dans le hall en visitant une collection de croûtes
auxquelles le catalogue confère une valeur historique

 
 

“ Le chien qui tête ”
tableau n°38 dans le programme

 
 

cliquez pour agrandir

Les spectateurs visitant l’exposition
munis de leur programme

 
 

extraits du spectacle

extrait 1
1 min 35

 
 
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extrait 2
0 min 37

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extrait 3
1 min 19

 
 
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Intégrale - 1H15

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EXTRAITS DE PRESSE

L’Est Républicain : “La tornade blanche 4 Litres 12 ravage tout sur son passage. Une heure trente après, on reprend ses esprits, étonné d’être indemne, les côtes congestionnées par le rire.”

 
 

Libération, Jean-Jacques Samary : “Les nancéens frappés du groupe 4 Litres 12 s’attaquent à la Guerre de 100 ans. A chacun son guide. Ça carbure. Super ou ordinaire ? Plutôt super.”

L’Ampli, André Greiner : “Refuser du monde dans un petit théâtre de province à l’heure de la télé, c’est plutôt encourageant. C’est arrivé à Homécourt avec le spectacle tant attendu de 4 Litres 12 qui, avec les bergamotes et Charlélie Couture, ajoute aujourd’hui au renom de Nancy.”

 
 

Tournée de 1983 à 1986 : Paris (Théâtre de l’Athénée), France, Belgique (Bruxelles/Théâtre de la Balsamine, Liège/Festival,…), Luxembourg (Théâtre des Capucins), Suisse (Genève/Théâtre Saint-Gervais, Lausanne, Neuchâtel,…), Allemagne (Festival de Sarrebrück,…), Autriche (Festival de Vienne) … 

extrait du texte

Le texte du spectacle est publié
lien vers la page du livre

 
 

En guise de prologue

 
 

Il faut imaginer une quelconque salle de théâtre transformée en château : des colonnes et des tombes sur la scène, un trône, un canapé, des feuillages, un chemin de ronde traversant le parterre, un pont-levis en plan incliné, une porte au fond. Le tout en matériel de récupération, comme pris au fond d’un grenier. Dans le foyer, une exposition de croûtes devant lesquelles, catalogue en main, peuvent s’extasier les spectateurs en attendant le début du spectacle, sous le regard attentif mais sévère de M. le Gérant.
Il faut imaginer qu’au milieu des spectateurs déferlent tout à coup quatre guides nationaux assermentés. Ensemble, ils vont se partager les spectateurs-visiteurs et les entraîner dans tout le théâtre (toilettes, bar, loges, escaliers, scène et coulisses … ) sur les traces de l’histoire.
Il faut imaginer que vit dans le château une femme de ménage, moche et quasi-muette, qui traîne partout avec elle un mannequin débraillé et fouille entre les spectateurs-visiteurs, d’un groupe à l’autre, sans cesse, serpillière à la main, pour faire ce qu’elle croit être son travail.
Il faut imaginer aussi que les groupes de visiteurs, assignés chacun à un guide, seront ballottés de main en main au gré des humeurs (bonnes ou mauvaises) des dits guides. En fin de visite, ils se trouveront assis sur les sièges des spectateurs et assisteront au son et lumière du château, préparé par les guides et rythmé par le délire verbal de M. le Gérant.
Il faut imaginer encore que M. le Gérant tient tout en main : si, pendant la visite, il se contente de courir d’un groupe à l’autre pour vérifier la bonne marche des opérations (et même les coordonner), il prend les commandes du son et lumière jusqu’à la fin, jusqu’à l’épuisement des personnages historiques, jusqu’à ce que les guides retournent se suspendre au milieu des costumes.
Car il faut imaginer enfin que dans ce château vivent des centaines de costumes, accrochés partout, tapissant les murs, envahissant la scène, les cintres, les sièges, les coins et recoins du théâtre et que les guides, s’ils utilisent les costumes et jouent avec eux, en sont avant tout, de toute éternité, les serviteurs.

* * *

arrivée de la Horde Sauvage
Mlle Mortimer
Mr Mariano

Extrait (pages 102 à 105)

 
 

M. MARIANO : … Bien. Il est parfois nécessaire de remettre les points sur les « i » et les choses au point et les points sur les « i ». C’est chose faite, revenons à notre petit couloir.
Alors, vous me posiez à l’instant la question : qu’entendons-nous par couloir secret ? Eh bien un couloir secret c’est également un couloir dont on a coupé les mains des ouvriers qui l’ont bâti, dont on a crevé les yeux des architectes qui l’ont conçu, et dont on a égorgé les femmes et les enfants des ouvriers et des architectes qui l’ont construit. Voilà ce que coûte en vies humaines un couloir secret, voilà ce qu’il coûte en souffrances ! Mesdames et messieurs on peut le dire, sur ces murs il y a du sang.
Alors évidemment, vous allez être amenés à me poser une autre question : à quoi pouvait servir ce petit couloir secret ?… Oui, monsieur, posez-moi carrément la question. [Le monsieur pose la question] … Oui, c’est ça : à quoi pouvait servir ce petit couloir secret ? Eh bien, je vous remercie de cette question et je vous répondrai tout simplement : réfléchissons, réfléchissez… les petits couloirs secrets…

[Il est interrompu par Mlle Pajot qui pousse des cris.]

La robe brûlée / Appendice 7, p. 128
Sur la scène, aux prises avec une robe récalcitrante et brûlée, elle hurle et sème la panique chez les guides. M. Duchâteau se précipite et dompte la robe. Tout rentre dans l’ordre.

[M. Mariano revient auprès de son groupe en riant aux éclats.]

M. MARIANO : C’est Mlle Pignon qui s’est étouffée avec la robe brûlée… Vous avez vu, elle s’est plaquée contre son visage, alors elle s’est étouffée ! [Il se reprend, mais garde un ton plaisantin et condescendant] Je me permets de sourire parce qu’il m’est arrivé un petit peu la même aventure l’année dernière… Je vous raconte l’anecdote : je quittais mon travail, c’était l’heure du casse-croûte, j’étais un petit peu pressé, vous savez ce que c’est, et je passe dans une penderie en croyant prendre un raccourci, alors à ce moment-là une robe s’est entourée…

 
 

[Il s’interrompt et regarde certains de ses visiteurs]… Oui, vous n’avez pas vu, vous, vous étiez mal placé… oui, vous avez vu, vous… [Dans la penderie la plus proche il prend une robe et la met autour de son cou]… Une robe s’est entourée autour de mon cou, et alors évidemment je n’ai pas voulu marquer le pas, j’ai tiré, j’ai tiré sur le harnais, alors la robe a serré un peu plus fort, et je me suis débattu, j’ai fait de grands gestes avec les bras, alors toute la penderie m’est tombée dessus, je me suis retrouvé affalé au milieu des… [Il tombe] Je me suis retrouvé sous tout un tas de robes – comme ça – alors je me suis endormi, vous savez ce que c’est, l’odeur des robes c’est un petit peu âcre, comme ça, c’est un petit peu âcre, alors je me suis endormi ! [Ça le fait rire. Il se relève et change de ton.] … Je reviens au couloir secret. Je disais donc : réfléchissez… En effet, ce couloir secret permettait de passer directement des écuries (d’où vous venez, souvenez-vous de l’odeur) à la grande salle du trône dans laquelle nous allons pénétrer dans quelques instants. Imaginons donc les entrées fracassantes que pouvait se permettre le seigneur, imaginons les possibilités de coup d’état que permettait ce couloir secret !…
Ce que je vous propose maintenant, mesdames et messieurs, est ni plus ni moins qu’une reconstitution historique. Je vais pour ce faire confier à chacun d’entre vous un chapeau qu’il placera évidemment sur sa tête, et vous pénétrerez à ma suite (je le répète : à cheval) dans la grande salle du trône.

[Les visiteurs pénètrent sur la scène en caracolant ; à l’entrée, M. le Gérant leur distribue des chapeaux historiques. M. Mariano mène sa horde sauvage jusqu’au devant de la scène.]

M. MARIANO : Avancez, approchez-vous, là, vous placez le chapeau sur votre tête et vous pénétrez à cheval, là, vous me suivez, très souple, très souple, les poignets plus haut, voilà, à cheval, vous calmez les bêtes, vous mettez un jarret en terre, vous mettez le chapeau et vous vous couchez par terre … [Il fait asseoir les gens en rond autour de lui, à l’avant-scène côté jardin. Le sol se couvre de visiteurs affalés.]

Mlle MORTIMER (s’approche, offusquée) : M. Mariano, vous troublez le sérieux de ma propre visite. Cela m’étonne beaucoup de vous, M. Mariano !

M. MARIANO : Mais, Mlle Mortimer, c’est une reconstitution historique!

Mlle MORTIMER (piquée) : Des facéties, M. Mariano, des facéties ! [Elle retourne à ses visiteurs.]

M. MARIANO : Eh bien, profitons… une fois que vous êtes installés sur le plancher (il a été entièrement nettoyé par Mlle Granulowski ce matin encore, il est tout à fait propre)… profitons de cette petite pause pour raconter une histoire. C’est une histoire de roi. C’est l’histoire d’un très très vieux roi… [A un visiteur dissipé] Arrêtez avec ce chapeau, vous n’êtes plus des enfants! [A côté, le groupe de Mlle Mortimer s’agite]

Mlle MORTIMER (riant et bousculant les gens) : … Alors, le roi se prenait les pieds dans sa robe, et hop, et il tombait sur son derrière ! [Elle tombe au milieu des visiteurs]

Les chutes du roi / Appendice 8, p. 130
Elle éclate de rire et multiplie les chutes et glissades jusque sur les remparts, provoquant l’hilarité de tous ses collègues. On discute un peu sur les anecdotes historiques.
Finalement, Mlle Mortimer se calme et prend le groupe de M. Mariano qui désormais s’adresse au groupe 1, sur le côté cour de la scène.
(Le groupe IV continue en MO 16).

Groupe 1

M. MARIANO (riant encore des galipettes de sa collègue) : … ce qu’elle est drôle, ce qu’elle est drôle ! vous avez dû vous amusez, vous avez dû vous amuser !… Je vais être obligé malheureusement d’aborder maintenant un sujet beaucoup plus grave…

[Il se penche sur une marche de l’escalier du trône, et regroupe ses visiteurs autour de lui :]

photos du spectacle

dans la boite à lettres

andré malartre

metteur en scène

la presse

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