4 litres 12 : 40 ans de théâtre

les créations

1973 : Dinguerie tropicale (d’après Witkiewicz)
1974 : Yvonne (d’après Gombrowicz)
1976 : Une Locomotive folle (d’après Witkiewicz)
1977 : 4 Litres 12 in concerto
1980 : Cauchemar à 4 litres 12 la veille de ses noces
1981 : Cauchemar à 4 litres 12 la veille de ses noces (2ème version)
1983 : La guerre de Cent Ans, première semaine
1985 : La guerre de Cent Ans, première semaine (2ème version)
1987 : Quatre litres blues
1989 : La Station Debout (mise en scène Philippe Thomine)
1992 : La Pièce Perdue
1994 : Les Sœurs de Sardanapale (avec la Compagnie Mossoux/Bonté)
1996 : Les Sœurs de Sardanapale (version française / 2ème version)
1998 : Toïedovski, lecture entre chiens et fous
2000 : 4 Litres 12 au bord de la tête
2002 : 4 Litres 12, le Projet (d’après Pierre Bettencourt, mise en scène Odile Massé)
2003 : Ça le désordre
2006 : 412 boulevard des Ogresses
2007 : Folisophie (d’après Odile Massé)
2008 : Détraqué
2011 : Apocalypse 12
2012 : Les Festins du Désordre (1972-2012, le finale / cabaret catastrophe)

les films

1986 : Imbuvable mais frais (série de courts métrages vidéo)
1988 : 4 Litres Blues, le film

a propos de la compagnie

4 Litres 12 est une troupe fondée à Nancy en 1972 autour de Michel Massé, dans la filiation du CUIFERD et du Festival mondial du théâtre de Nancy, et dissoute en 2012.

En 40 ans, 4 Litres 12 a créé à Nancy une vingtaine de spectacles qui ont tourné en France et en Europe, de Grenade à Cracovie en passant par la Lorraine, Londres, Helsinki et Paris, avec quelques incursions à Beyrouth et en Israël.

À l’exception de La Station debout (mise en scène Philippe Thomine) et 4 Litres 12, le Projet (mise en scène Odile Massé), ces spectacles ont été conçus et mis en scène par Michel Massé.

Le Grand Prix de l’Humour Noir du spectacle lui a été attribué en 1993, pour l’ensemble de ses créations.

4 Litres 12 a été subventionné par le Ministère de la Culture et de la Communication, la DRAC de Lorraine, la Ville de Nancy, le Conseil Régional de Lorraine et le Département de Meurthe-et-Moselle.

épopée

par Gilles Losseroy

Texte écrit et lu par Gilles Losseroy
Les Festins du Désordre, 2012

mais pourquoi 4 litres 12 ?

les créations

les films

1986 : Imbuvable mais frais (série de courts métrages vidéo)
1988 : 4 Litres Blues, le film

a propos de la compagnie

4 l 12, c’est cru. Ça mord. Ça ne laisse pas froid. Et si ça fait parfois danser des morts, ce n’est que pour dire l’urgence d’être vivant. De trouver le chemin de ça (être vivant). De s’organiser, malgré tout. De trouver un ordre impossible. De trouver un sens, un début, un espoir. Il me semble que cette façon de parler du monde, de notre « condition », avec humour et sauvagerie, est plus que jamais nécessaire. Univers foisonnant et irrésistible, jubilatoire, mais aussi d’une gravité parfois presque insupportable (je pense aux Soeurs de Sardanapale). On rit, jaune, vert, bleu, ce n’est jamais immobile. Les derniers spectacles montés par la compagnie vont vers une plus grande épuration, peut-être est-ce la fréquentation des textes d’Odile Massé qui en est la cause ? J’avais lu « Devant tout le monde », le monologue à la base du spectacle  « Folisophie », et noté cette phrase qui me semble bien résumer le travail de la troupe : « Nous, on cherche ! On cherche, avec tout ! »

Je suis lectrice d’Odile Massé depuis ses débuts, et j’admire son écriture lancinante, animale, bouleversante et éminemment « contemporaine », puisqu’il s’agit  ici de savoir si ce travail est, ou n’est pas, « contemporain ». Etre contemporain, ce n’est pas une question de choix de forme. C’est simplement, me semble-t-il, chercher, aujourd’hui, sans s’enfermer dans des codes ou des contraintes dictées par le pouvoir, la mode, les conventions. Chacun sa langue. Ses outils. 

Marie Nimier

Dictionnaire encyclopédique du Théâtre

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Quatre Litres Douze

Compagnie théâtrale nancéienne. Fruit des amours incestueuses de Kantor et des Marx Brothers, 4L.12 est porté sur les planches baptismales en 1972 à Nancy par Michel Massé, alors âgé de 25 ans. La troupe fréquente d’abord les auteurs polonais (Witkiewicz, Gombrowicz) avant de se tourner résolument vers un théâtre où la parole naît physiquement des improvisations. En passant par 4L.12 in concerto (1978) entièrement en grommelots, jusqu’au 412, boulevard des ogresses en 2006, 4L.12 en 15 spectacles tonitruants fourrage à l’arme blanche dans le marécage de nos fantasmes et de nos interdits. Théâtre charnel, iconoclaste, où le rire agit comme un électrochoc sur le public, les opus de 4L.12 se présentent comme autant de variations obsédantes sur les vertiges du langage, du corps, du vestiaire social, du pouvoir, de la violence…

« On ne sait pas d’où on vient mais on y retourne » était sous-titré Dinguerie Tropicale (1973) ; impossible communication (Cauchemar à 4 Litres 12 la veille de ses noces, 1980), impossible mémoire des origines (La Station debout, 1989) et de plus en plus impossible théâtre (La Pièce perdue, 1992 ; Toïedovski, lecture entre chiens et fous, 1997 ; 4 Litres 12, le projet, 2002 ; Ça le désordre, 2003), les spectacles de 4L.12 font figure d’anthologie du ratage.

En 35 ans de carrière, 4L.12 a connu d’abord 10 années de vie de troupe de sa demi-douzaine de membres fondateurs, puis s’est resserré autour du noyau dur qu’est le couple Massé. Chemin faisant, les portes se sont ouvertes à des collaborations (Les Sœurs de Sardanapale en 1994 avec la compagnie belge Mossoux-Bonté) ; Michel Massé a expérimenté la scène en solo en 2002 avec 4 Litres 12, le projet (à partir des Plaisirs du Roi de Pierre Bettencourt) et la compagnie, très active en matière de formation, accueille régulièrement de jeunes acteurs. Hors des planches, Odile Massé poursuit une carrière littéraire qui mêle poésie, prose et théâtre avec une douzaine d’ouvrages publiés, notamment au Mercure de France (Manger la terre, 2004).

En marge des institutions théâtrales (mais la marge n’est-elle pas le lieu de toutes les rectifications ?), M. Massé le « déméningeur » (Enzo Cormann) construit sans concession des rituels féroces et jubilatoires sur lesquels planent les ombres d’Artaud et de Dada.

4L.12 a obtenu le grand prix de l’humour noir en 1993, et Odile Massé en 1997 avec Tribu (Mercure de France).

Bibliographie
– La Guerre de Cent Ans, première semaine, Presses universaitaires de Nancy, 1992
– Ça le désordre, Les Editions de l’Amandier, 2005.

Gilles Losseroy
Dictionnaire encyclopédique du Théâtre
(Michel Corvin, Bordas, 2007)